(Exclu)- Doudou Diagne Diecko Pdt des amateurs « je n’écarte pas la fraude sur l’âge de certains lutteurs »

      La fraude sur l’âge ne serait pas seulement propre au football ou au basket où des scandales sont  souvent décelés. La lutte aussi même si on en parle que  rarement  n’échappe pas à la « règle »… si l’on en croit le président par intérim des amateurs de lutte Doudou Diagne Diecko dans cet entretien exclusif au portail sportif Ndamli.sn

 

Bonjour président. Depuis la victoire de Baboye devant Baye Mandione, le débat autour de l’âge de la retraite des lutteurs à 45 ans ou non, refait surface. Qu’est ce que vous en pensez ?

 Merci d’abord à Ndamli de m’interpeller sur cette question très importante et qui n’a jamais cessé d’être évoquée à chaque fois par les acteurs de l’arène. Une question qui a toujours fait le lit des débats. Mais comme vous le dites, la victoire de Baboye un pré retraité devant un jeune lutteur trentenaire Baye Mandione et avec la manière,  a remis cela au goût du jour.  A juste raison. Mais, je pense que comme pour toute chose il faut essayer de l’analyser profondément. Avec beaucoup de mesures et de sens. L’âge de la retraite des lutteurs est assez important pour qu’on l’aborde de manière superficielle. Il y a beaucoup de choses qui entrent en jeu. Car il y va de leur vie, de leur santé. Mais les lutteurs eux-mêmes en sont –ils conscients ? C’est la question que je me pose. En effet, avec le flot d’argent et les gros cachets, certains lutteurs sont prêts à tout pour rester encore des années. Là où sur le plan physique ils ne peuvent plus. La lutte étant une épreuve physique avec beaucoup de rigueur et d’endurance, il faut savoir arrêter à temps.

Est-ce à dire que certains lutteurs sont prêts à baisser leur âge ou  frauder  pour pouvoir continuer ?

Oui. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Personnellement je n’écarte pas l’idée chez certains lutteurs de frauder sur leur âge pour rester dans l’arène. Ce qui est un gros danger pour eux. Les lutteurs qui le font  ont  toute une responsabilité dans ce « jeu là ». Mais l’autre aspect important aussi à prendre en compte, ce sont ,  les certificats médicaux. Ces documents qui permettent à un lutteur d’être déclaré apte ou non. Mais s’ ils sont délivrés de manière fallacieuse ou sans respecter la logique qui sied, on n’y verra que du feu dans ce qui est des vrais âges des lutteurs. Et là, c’est aux lutteurs de comprendre que l’activité physique est un risque pour laquelle on ne doit pas prendre certains risques dont le soubassement est seulement l’argent. Il y va de la responsabilité de tout le monde. C’est toute une chaine allant du lutteur qui ne doit pas diminuer son âge, du manager ou patron d’écurie ou d’école de lutte  qui doit veiller à ce que les déclarations de son lutteur soient conformes à la vérité,  au CNG qui ne doit pas badiner sur certaines logiques mais en y associant dans des débats franches, tous les acteurs de l’arène concernant…en passant par le médecin délivrant le certificat médical qui pour rien au monde ne devrait jouer sur les sentiments ou le faire plaisir. Tout doit être bien vu.

Donc,  on peut comprendre qu’en attendant qu’un vrai débat soit lancé, vous êtes pour la retraite à 45 ans ?

Parfaitement. Il faut maintenir cette disposition.  La retraite à 45 ans. Car si par le passé certains lutteurs dont beaucoup d’anciennes gloires ont lutté jusqu’à l’âge de 50 voire 60 ans,  il est devenu impossible de le voire.  Beaucoup de phénomènes et de pratiques qu’on peut juger malsaines, pour ne pas parler d’une hygiène de vie peu commode chez certains jeunes lutteurs les laissent sur le carreau avant même un certain âge. Il faut éviter des drames dans l’arène. Maintenant, je lance un appel à ceux qui ont la responsabilité de gérer cette discipline d’associer,  je ne cesserai de le dire, tous les acteurs. Les amateurs ont leur mot à dire car sans amateurs il est clair que la lutte ne prospérerait jamais. Ce sont eux qui paient leur argent qui participer à la promulgation de la discipline. Donc, qu’on ne les prenne pas toujours pour des gens qui viennent au stade et qui repartent. L’amateur c’est la valeur « ajoutée plus » sans qui l’arène est inexistante. Au moment de débattre de fonds de cette question liée à l’âge de la retraite des lutteurs, on livrera les conclusions de notre réflexion scientifique dans ce dossier. Car tout simplement les amateurs ont des médecins, des professeurs d’universités, des étudiants, des anciens lutteurs….c’est la plus grande constituante du sport sénégalais.

 

Pari sportif : comment jouer ?

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