Fabrice, le « toubab » de Ndakaru

Il est haut comme trois pommes. Mais méfiez vous, sa frappe est imparable. Charpenté comme un bouledogue,  Fabrice Allouche a signé bien des Ko durant sa carrière. A 43 ans, l’ancien champion du monde de boxe Thai et de kick Boxing s’évertue  à transmettre son legs. C’est lui qui a préparé le jeune Malick Niang, le champion du Claf auteur de deux KO retentissants dans cette compétition.  C’est  le premier coach blanc à officier dans une école de lutte avec frappe.

De la boxe à la lutte, le passage s’est fait au hasard «  en vacances au Sénégal, un journaliste m’a reconnu. Nicolas Sonko m’a interviewé et interrogé sur la lutte avec frappe. Je ne connaissais que la lutte gréco..Donc,  je lui ai avoué mon ignorance et il a promis de me faire découvrir la discipline. On est allé voir le combat Yékini junior/Tonnerre »

Le premier contact avec les lutteurs a lieu à Guédiawaye début Août 2010. » Je suis revenu au Sénégal  et J’ai assisté à un entrainement  à l’école de lutte Balla Gaye, il y avait d’ailleurs Juan (l’espagnol) qui s’entrainait.  Balla gaye 1 m’a demandé de revenir. Mais le Jour J, il n’y avait pratiquement personne….Ils étaient partis en Casamance. Il n’y avait que 4, 5 lutteurs. J’ai proposé de faire un entrainement. Au début, on ne me prenait pas trop au sérieux…. On a fait un entrainement qui a surpris tout le monde et on s’est retrouvés dans l’école avec une foule énorme qui était venu regarder. »

Mais Fabrice ne reste pas à l’école de lutte Balla Gaye « pour diverses raisons ».La rencontre, la bonne,  se fera le 5 août « avec katy Diop l’entraineur de Yékini, j’ai eu beaucoup de feeling avec lui. Le lendemain, j’ai fait un  entrainement à Ndakaru…cela s’est bien passé …Et tout le mois d’août, j’ai travaillé avec une quinzaine de jeunes lutteurs dont Malick Niang, Ndofféne et Boy Ngaye ».

Avec ses protégés, Fabrice travaille sur les techniques de frappe, les déplacements, les esquives,  les feintes et les stratégies de combat.  Et le coach n’est pas peu fier des résultats de ses poulains : « Malick a gagné le Claf , Ndofféne a été demi-finaliste de l’Aréna Tour, on a vu les progrès qu’ils ont pu faire ..Avec un bilan  pour tous les lutteurs de l’écurie de 14 victoires et 4 défaites ,c’est une bonne année ».
Le secret de son intégration réussie ? «  Ne pas faire le touriste, ne pas avoir de vision exotique, s’imprégner de la culture sénégalaise qui est totalement différente de la culture européenne. Il faut s’adapter aux habitudes, aux précarités, aux mentalités….Comprendre la religion, comprendre les problèmes sociaux…J’ai pris un appartement à l’année dans un quartier populaire..C’était donc beaucoup d’observation,  d’abord de  la société et ensuite de la lutte qui est un milieu assez dur, assez sauvage...C'est aussi une expérience, une formation professionnelle et surtout une grande écoute»



Aprés 4 mois  sur l'année de présence au Sénégal ponctués d'aller-retour entre Dakar et Paris, l’espace de la trêve, le sorcier blanc retourne dans son fief  à Levallois (Paris) pour retrouver son job de préparateur physique et mental  pour sportifs de haut niveau, acteurs et cadres….. En attendant la saison à venir et les « maléfices »  à préparer pour Malick Niang futur adversaire d’un autre puncheur, Super Etoile.

 

Pari sportif : comment jouer ?

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