Femme et sport : le mâl(e) dominateur

Mars, mois des femmes ! Une période durant laquelle elle est célébrée avec faste sous toutes les coutures ou du moins presque.

 

En sport, on reprend les mêmes et on recommence. Les quelques rares qui se sont signalées les années précédentes peinent à rééditer leurs exploits. On pense à Binta Diédhiou, à Amy Sène et j’en passe.

Au point que L’Union des femmes reporters sportives du Sénégal (UFRESA/Sénégal) décide de ne pas décerner le titre de la meilleure sportive sénégalaise de l’année 2013. La séduction, arme maitresse de la femme n’a pas fait de victime.

« Cette année nous avons décidé de ne pas décerner le titre de meilleure sportive sénégalaise ». La raison « aucune athlète ou structure sportive féminine n’a réussi à se sublimer en quelque sorte et à s’imposer comme étant  celle qui doit être primée », a confié Ndeye Dome Thiouf présidente de UFRESA/Sénégal.

Les deux premières éditions de ce prix qui récompense la meilleure femme sportive du Sénégal avaient été remportées par la lutteuse, Isabelle Sambou. A croire qu’après elle c’est le désert.

Pourtant dans le passé elles ont été nombreuses à donner au sport sénégalais ses lettres de noblesse. On pense à Mame Maty Mbengue (basketball), à Kène Ndoye (saut en longueur) ou encore à Amy Mbacké Thiam (championne du monde 400 m), etc.

L’athlète originaire de Kaolack, championne du monde sur 400m à Edmonton en 2001, n’a jamais pu rééditer son exploit. Aux mondiaux suivant, à Paris en 2003, Amy Mbacké Thiam finit troisième de la course derrière sa grande rivale, Ana Guevara. En 2013, elle décide de mettre un terme à sa carrière. Au moment où la relève peine à s’affirmer.

Sa jeune sœur Gnima Faye n’arrive toujours à pas à confirmer les espoirs placés en elle. Dix ans après avoir remporté le 100 m haies des championnats d'Afrique junior, elle décroche enfin en 2012, le titre de champion d’Afrique sur 100m haies. De bon augure pour la suite de sa carrière ? A 29 ans, on ne prend pas le pari.

On quitte les pistes pour aller sur la pelouse avec le football féminin qui peine à se frayer un chemin malgré un championnat assez régulier. Mamy Ndiaye, l’une des toutes premières femmes footballeur professionnel du Sénégal, à elle seule  n’a pas réussi à hisser le niveau du groupe des Lionnes. Une nouvelle humiliation pour le Sénégal à Bata dans une phase finale de coupe d’Afrique a clos le fleuve d’espoir qui avait accompagné cette qualification historique.

Des exemples on pourrait encore en citer à la pelle, mais heureusement qu’il y a quelques éclaircies dans la grisaille à l’image de la basketteuse Astou Traoré qui, à 32 ans continue d’affoler les statistiques dans l’élite du basket français.

Retournons à la base pour travailler. Travailler loin des paillettes, tissus et autre préjugés sociaux. Travailler et faire en sorte que les parents comprennent l’importance de la pratique du sport dès le bas âge autant chez le garçon que chez la fille. Et n’oublions pas que le sport peut faire évoluer la condition féminine  dans le bon sens.

En attendant, rêvons d’une qualification aux prochains JO de Rio et pourquoi pas d’une médaille olympique pour la taekwondoïste, Binta Diédhiou à qui le ministère de sports et le CNOSS ont offert une bourse de près de trois millions de nos pauvres francs pour se préparer. Tout en espérant que d’autres femmes sportives sénégalaises puissent bénéficier de ce type d’accompagnement financier pour que d’autres roses puissent éclore.

Pari sportif : comment jouer ?

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